Le bernard-l’hermite, un crustacé en quête de coquille

bernard-l'hermitePetit animal étonnant et sympathique, le bernard-l’hermite (qui peut s’écrire avec ou sans « h »), est connu pour se trimballer avec la coquille d’un autre animal. Ce crustacé vit aussi bien près de rivages bretons qu’au bord des littoraux tropicaux. Et contrairement à ce que son nom pourrait faire penser, c’est un adepte de la vie en communauté.

Le bernard-l’hermite appartient à la super-famille des Paguroidea qui regroupent des crustacés décapodes (qui possèdent 5 paires de pattes), dont les plus connus sont les pagures ou bernard-l’hermite. Mais au fait, quelle est l’origine de ce nom ? Elle remonte à la fin du XVIe siècle et nous vient de l’occitan languedocien ; bernat-l’ermito. A cette époque, dans le Languedoc, on a pour habitude d’utiliser le sobriquet « bernat » (dérivé du prénom Bernard) pour désigner plusieurs animaux. Le qualificatif d’ermite fait bien sûr référence au comportement de l’animal, solitaire et discret.

Un nom, des centaines d’espèces

Le terme « bernard-l’hermite » est un nom générique qui rassemble plus d’une centaine de sous-espèces marines, d’eau douce et terrestres, comme les crabes de cocotiers et les crabes royaux. Les biologistes découvrent de nouvelles espèces de pagures chaque année. Actuellement, les plus connues sont le Dardanus tinctor qui vit dans les eaux chaudes de l’océan Indien et du Pacifique, et le Pagurus bernardhus ou Dardanus arrosor, qui habite la Baltique, l’Atlantique et la Méditerranée. Ces 2 espèces sont les plus facilement observables et celles qui s’adaptent le mieux à la vie en aquarium. Le bernard-l’hermite terrestre des Caraïbes est même considéré comme un NAC (nouvel animal de compagnie).

Les bernard-l’hermite sont omnivores. Ils se nourrissent de résidus végétaux, de vers, de mollusques et d’autres crustacés, vivants ou morts. Tous possèdent 10 pattes, dont 4 sont utilisées pour se déplacer. Les 4 autres pattes leur servent à nettoyer et à tenir leur coquille. Quant à leur 2 pinces, elles permettent à ces crustacés de transporter la nourriture et de se défendre. Car les bernard-l’hermite sont plutôt mal équipés pour se protéger, et très appréciés des loutres, des phoques, des oiseaux marins, de certains gros poissons, mais aussi d’autres crustacés et des êtres humains. Pour éviter de se faire manger, le bernard-l’hermite a développé plusieurs tactiques.

Trouver un abri à tout prix

Contrairement à la plupart des crustacés, le bernard-l’hermite n’a pas de carapace. Pour protéger son abdomen mou, l’animal doit trouver un abri à tout prix. Du coup, il occupe tout ce qui lui passe sous les pinces, très souvent une coquille de gastéropode. Une fois logé, le bernard-l’hermite peut se protéger d’une entrée indésirable dans sa coquille. Grâce à sa pince droite plus grande et plus puissante que la gauche, le crustacé bouche sa coquille et empêche toute intrusion. Seul inconvénient : Lorsqu’il grandit, l’animal doit changer d’abri.

Pendant sa vie (une dizaine d’années), le bernard-l’hermite change régulièrement de coquille. Cette nécessité entraîne un comportement social connu sous le nom de « chaîne de vacances ». De nombreux pagures de taille différente se rassemblent et partent à la recherche d’une coquille pour le plus gros d’entre eux. Quand ils l’ont trouvé, ils se mettent à la file indienne et le plus gros abandonne sa coquille pour prendre celle récupérée par ses congénères, et passe l’ancienne à son voisin. Ce dernier l’enfile et passe la sienne à son voisin, et ainsi de suite jusqu’à ce que chacun ait une nouvelle coquille, la plus petite restant vide.

Ne pas rester seul

Décrit comme un solitaire, le pagure ne l’est pas vraiment en réalité. Aucun spécimen n’a été observé seul. Le bernard-l’hermite est capable de retrouver ses congénères pour les aider et trouver plus facilement une coquille, mais il vit aussi en symbiose avec d’autres espèces afin d’être mieux protégé. La coquille du bernard-l’hermite peut être formé ou surmonté d’éponges de mer. Camouflé, l’animal passe inaperçu auprès de ses prédateurs. En échange, l’éponge est assurée d’être nourrie par le crustacé.

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Bernard-l’hermite transportant son éponge de mer. On dirait qu’il trimballe de la mimolette… Photo : Acquario di Livorno.

Le bernard-l’hermite héberge aussi des hydraires. Ces petits animaux proches des méduses, des coraux et des anémones de mer, ont élu domicile sur le crustacé. Leurs polypes reproducteurs sont situés sur la tête de l’animal, les nourriciers à côté de sa bouche. En cas de disette, le pagure presse les polypes nourriciers pour manger la nourriture qu’ils ont prédigérée. Le reste du temps ils les nourrie. Le bernard-l’hermite vit également très souvent avec une anémone de mer qu’il accroche à sa coquille et nourrit pour qu’elle le protège avec ses tentacules urticants. Quand il déménage, le pagure décolle son anémone et l’emmène avec lui dans sa quête de coquille.

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4 commentaires sur “Le bernard-l’hermite, un crustacé en quête de coquille

      1. Je crois que ça peut se faire. Je vais mettre un lien qui renvoie à une vidéo (il me semble en avoir vu passer des de qualité), histoire que ce soit plus concret.

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