Les seiches bioluminescentes

Les bobtail squids en anglais (calmars à queue courte) appartiennent à la famille des Sepiolidae (en langage courant, les seiches sépioles), et sont classés dans le genre Euprymna. Il existe une quinzaine d’espèces. Les premières ont été découvertes au milieu du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle. En 2011 une nouvelle espèce a été recensée : Euprymna pardalota.

Les seiches du genre Euprymna vivent principalement dans les eaux tropicales de l’océan Pacifique et de l’océan Indien. Leur taille oscille entre quelques millimètres et cinq centimètres. Depuis des années, les seiches sépioles fascinent les microbiologistes en raison de leur relation harmonieuse avec certaines bactéries qui leur permettent d’être bioluminescentes.

La petite seiche d’Hawaï

Euprymna scolopes est une seiche minuscule. Seulement 30 millimètres pour un poids maximum de 3 grammes. Elle vit dans les eaux claires et peu profondes du Pacifique, près d’Hawaï et de l’île du Midway. Et pour cause, cette petite seiche trouve sa nourriture dans les sols sableux des zones côtières. Son régime alimentaire se compose de crevettes et de plancton, mais elle peut s’attaquer à des espèces de petits poissons et même à d’autres céphalopodes lorsqu’elle y est contrainte (manque de nourriture, expériences en laboratoire…).

En biologie, certaines espèces sont une aide précieuse pour comprendre des phénomènes génétiques, métaboliques. Elles sont alors désignées sous le terme d’organisme modèle. Euprymna scolopes est étudié par les biologistes qui souhaitent mieux comprendre les relations symbiotiques entre les animaux et les bactéries. En effet, la seiche vit en symbiose avec une bactérie bioluminescente, Alivibrio fischeri. Cette dernière vit dans un organe luminescent situé dans le manteau de l’animal.

Lorsque la seiche sort la nuit pour chasser, la bactérie l’aide à se camoufler dans le noir en rendant invisible l’ombre de l’animal. Pour ce faire, les bactéries produisent autant de lumière en dessous du corps de la seiche que celle reçue au dessus. L’animal se teinte alors de bleu et devient difficilement repérables pour les prédateurs nocturnes. En échange de cette protection, les bactéries se nourrissent des éléments nutritifs présents dans le ventre de la seiche.

La sépiole colibri

Euprymna berryi surnommée sépiole colibri, cette seiche habite à proximité des côtes indonésiennes, philippines et sri-lankaises. Le mâle ne mesure pas plus de 3 centimètres, mais la femelle peut atteindre les 5 cm. De forme arrondie, la sépiole colibri possède huit bras et deux tentacules, ainsi qu’une paire de petites nageoires semi-circulaires au niveau de l’abdomen.

Translucide, la sépiole colibri a le corps recouvert de chromatophores (cellules pigmentaires réfléchissant la lumière) sombres et de couleur vert ou bleu électrique. A l’instar de sa cousine hawaïenne, Eupryma berryi vit dans les eaux peu profondes, près de sols sablonneux où elle trouve sa nourriture (principalement des petits crustacés), et s’enfouit pour se reposer durant la journée, ou échapper aux prédateurs.

La sépiole colibri partage d’autres points communs avec la seiche d’Hawaï, comme le fait de sortir chasser pendant la nuit et sa capacité à faire disparaître son ombre. Euprymna berryi n’a en revanche pas besoin de bactéries. Elle possède un organe bioluminescent situé au niveau de sa cavité branchiale qui émet suffisamment de lumière pour dissimuler la silhouette de l’animal.

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