Biodiversité marine : alerte acide

Cavolinia inflexa est un gastéropode opisthobranche, ou plus simplement, une limace des mers. L’animal était autrefois classé parmi les ptéropodes (mollusques dotés d’un appendice en forme d’aile de chaque côté du corps), un terme aujourd’hui considéré comme obsolète, mais parfois encore utilisé pour des raisons pratiques.

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Cavolinia inflexa. Photo de Suzan Meldonian. Source : Ocean Defender Hawaii

Les opisthobranches forment en biologie une infra-classe de mollusques marins dont la particularité est d’avoir des branchies derrière le coeur. La plupart des espèces ne possèdent pas de coquille, ou alors sous forme résiduelle, quand elle n’est pas restée au stade larvaire.

Cavolinia inflexa est un mollusque pélagique, c’est à dire, qui vit en pleine mer, dans la zone la plus proche de la surface ; jusqu’à 200 mètres de profondeur. De forme triangulaire il se reconnaît à ses appendices en forme d’aile qui lui permettent de se déplacer. L’espèce mesure entre 5 et 8 millimètres.

Comme toutes les espèces du genre Cavolinidae, Cavolina inflexia est présent dans toutes les eaux tempérées et tropicales, possède un corps trapu ainsi qu’une fine coquille transparente. Cette dernière, très fragile, est souvent brisée par les vagues ou lors de la collecte de spécimens. Car l’espèce intéresse les chercheurs.

Facilement observable, inoffensif, Cavolina inflexia possède aussi une coquille composée de calcaire très sensible au pH. De ce fait le mollusque a servi aux scientifiques à mesurer l’acidification des océans.

Un indicateur de l’acidification des océans

Entrepris entre 2008 et 2012, le programme EPOCA (European Project on Ocean Acidification), réunissait 27 organismes scientifiques de 9 pays européens (Allemagne, Belgique, France, Islande, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse). But de l’opération : mieux comprendre les impacts des activités humaines sur la biologie marine en mer Méditerranée.

En observant l’évolution de plusieurs espèces de mollusques dont Cavolina inflexa, les chercheurs ont réussi à évaluer les conséquences exactes de la pollution humaine sur les écosystèmes marins. Soutenus par l’Union Européenne,  ils publient en 2013 les résultats de leurs travaux.

infographie co2 ocean et climat
Deux scénarios possibles d’ici la fin du XXIe siècle. Infographie tirée d’un dossier Pour la Science, n°89, « Océan et climat : un duo inséparable », réalisé par L. Bopp, A. Magnan et J.-P. Gattusa, coordinateur d’EPOCA. Source : Up-magazine.info

Les océans jouent un rôle fondamental dans l’équilibre climatique. Depuis 1800, ils absorbent chaque année un tiers des émissions de gaz carbonique dues aux activités humaines, régulant ainsi sa quantité sur la planète. Or ce processus entraîne l’acidification de l’eau de mer, mais aussi l’augmentation de son niveau et de sa température.

Lorsque les océans seront saturés et ne pourront plus freiner le réchauffement climatique, ce dernier s’accélérera. Selon l’étude d’EPOCA, si nous continuons à émettre du CO2 au rythme actuel, l’acidité augmentera encore de 30 % d’ici 2050 et de 150 % d’ici la fin du siècle.

En Février 2016, à l’issue de la COP 21, les 195 pays présents adoptent le premier accord universel sur le climat. Ce texte censé ouvrir une nouvelle ère dans la lutte contre le changement climatique fixe plusieurs objectifs à atteindre d’ici 2100, tels que « contenir la hausse des températures moyennes mondiales bien en dessous de 2°C et de poursuivre les efforts pour limiter à 1,5°C.« 

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